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jeudi 21 janvier 2010

Les Souverains espagnols visitent le pavillon marocain à la Foire internationale du tourisme de Madrid


Les Souverains espagnols visitent le pavillon marocain à la Foire internationale du tourisme de Madrid

Le Roi Juan Carlos d'Espagne et son épouse, la Reine Sofia, ont visité, mercredi, le pavillon marocain à la Foire internationale du tourisme de Madrid (FITUR).

Les Souverains espagnols ont été reçus par le directeur général de l'Office national marocain du tourisme (ONMT), M. Abdelhamid Addou, par le chargé d'affaires par intérim de l'ambassade du Maroc en Espagne, M. Farid Oulhaj, par le consul général du Royaume à Madrid, Youns Tijani, ainsi que par d'autres personnalités.

Le DG de l'ONMT a offert, à cette occasion, aux Souverains espagnols, un ouvrage sur les potentialités touristiques du Maroc.

Dédiée exclusivement aux professionnels du secteur, la FITUR, qui ouvrira ses portes jusqu'au 24 janvier, est considérée comme l'une des plus importants au monde.

Le Maroc est fortement présent à cette Foire, qui en est à sa 30ème édition et qui constitue une plateforme de rencontres entre les professionnels du secteur du monde entier pour définir les nouvelles stratégies de promotion touristique.

Le Royaume y est représenté par l'ONMT ainsi que par plusieurs opérateurs et professionnels du secteur.

La participation du Maroc à cet important rendez-vous se démarque également par la présence de nombre de Conseils régionaux de Tourisme, venus faire la promotion de leurs destinations et produits.

Installé sur près de 400 mètres carrés, le pavillon du Maroc à la FITUR est l'un des plus grands et aura pour mission de mettre en valeur le produit touristique marocain.

Le pavillon marocain proposera au public intéressé les différentes destinations et offres touristiques du Maroc, qui renseignent sur les richesses et les grandes potentialités du Royaume.

Selon le Directeur de l'ONMT à Madrid, Essaid Kasmi, la FITUR est une occasion pour mettre en valeur et faire la promotion du produit touristique marocain et échanger les expériences et les points de vue sur le secteur, surtout dans le contexte actuel de crise économique.

Conçu sur une superficie de 70.000 m2, la 30ème édition de la FITUR constitue une opportunité d'affaires pour les professionnels du marché touristique venus de 160 pays différents.

La dernière édition a connu la participation de 3.000 exposants venus de 170 pays. L'évènement avait été couvert par quelque 8000 journalistes en provenance d'une cinquantaine de pays.

mercredi 20 janvier 2010

Kabylie : Une cause, une lutte… une répression


Kabylie : Une cause, une lutte… une répression

L’Algérie est en fête depuis ce 12 janvier 2010. Comme tous les Berbères d’Afrique du Nord, les Amazighs d’Algérie commémorent Yennayer 2960. D’Alger à Oran, de Constantine à Paris, et de New-York à Bruxelles, ils sont des milliers à s’être réunis, en famille, dans les associations culturelles, politiques et communautaires, voire avec les élus locaux de leur ville de résidence, pour célébrer l’entrée dans le nouvel an du calendrier agraire. Un air de fête flotte ainsi sur l’Algérie officielle, mais ne fait pas oublier à ses citoyens amazighs, en son sein comme de par le monde, l’essence de leur cause. A savoir la reconnaissance par le régime actuel, sous la férule du président Abdelaziz Bouteflika et de la constante militaire, de la berbérité comme composante fondamentale de l’identité algérienne. Une contestation qui va jusqu’à faire revendiquer aux militants amazighs le statut de «jour férié, chômé et payé» à cette fête millénaire, que le pouvoir en place a décidé de célébrer depuis 1999 : «Le pouvoir politique, dans ses professions de foi conjoncturelles, notamment dans les périodes de crise, concède une existence à l’amazighité. Uniquement dans le discours. On reconnaît l’amazighité dans le passé, dans la paléontologie, en sous-entendant que nous sommes des Berbères, mais que l’Islam nous a arabisés. Le triptyque amazighité, arabité et islamité, reconnu par la Constitution, veut dire concrètement amazighité dans le passé, arabe comme unique langue officielle et Islam comme religion unique (…). Qu’est-ce qui empêche le pouvoir politique de réhabiliter Yennayer ? C’est dans sa nature même qui est uniciste, basée sur la conception fascisante : un pays, une nation, un peuple, une langue, un chef (…). L’Algérie actuelle ne prendra acte de son histoire, de sa préhistoire, de sa sociologie, de sa pluralité, que le jour où Yennayer sera jour férié au même titre que Aoual mouharam ou le 1er janvier», clame ainsi le journaliste et militant Arezki Aït Larbi (El Watan, édition en ligne du 12/01/10). «Chaque année, nous renouvelons le même appel en direction des décideurs pour qu’ils franchissent ce cap. A mon sens, la volonté politique existe, même si elle est frileuse et j’imagine qu’il y a des résistances dans un certain sérail politique, de l’ostracisme pratiqué par certains décideurs», justifie vaguement pour sa part auprès du même quotidien, Youcef Merahi, secrétaire général du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), instance rattachée au Palais El Mouradia. Et plus les réponses politiques du gouvernement Ahmed Ouyahia se font floues, plus les Amazighs, Kabyles en tête, montent le ton. Et plus la répression se durcit à l’encontre de ceux que les services secrets algériens accusent, depuis l’indépendance du pays en 1962, de connivence avec de «fourbes intérêts étrangers» désireux de «déstabiliser une république unie» sous prétexte d’autonomie régionale. Mais cet acharnement, policier hier, davantage politique aujourd’hui, ne fait pas baisser les armes aux activistes de la cause kabyle, renforçant même davantage leur détermination, voire radicalisant leur combat pour une fange parmi eux. Et faisant ressurgir de douloureuses réminiscences dans la mémoire de tous les Berbères d’Algérie. La plus vivace, car la plus récente, demeure sans conteste le fameux «Tafsut Taberkant» ou «Printemps noir» en tamazight. Tout commence avec l’assassinat dans les locaux de la gendarmerie de Beni Douala, le 18 avril 2001, du jeune lycéen kabyle Massinissa Guermah, 16 ans, suivi du rapt deux jours plus tard de trois collégiens à Amizour, près de Bejaïa. Le 22 avril, suite au démenti par la presse de l’information du ministère de l’Intérieur selon laquelle la victime était «un délinquant de 26 ans», de violentes altercations éclatent dans la région entre les habitants, majoritairement des adolescents, et les forces de l’ordre, les gendarmes n’hésitant pas à tirer à balles réelles sur les manifestants. Un mois plus tard, l’insurrection se propage dans toute la Kabylie, avant de gagner les rues d’Alger, où, le 14 juin 2001, près de 4 millions de manifestants marchent vers le palais présidentiel pour remettre leurs doléances au chef de l’Etat : emploi, logement, éducation, santé pour tous, lutte contre la corruption… Avec, en tête du cortège protestataire, la «Coordination des Aarchs, Daïras et Communes» (CADC, comités de villages et de tribus kabyles), menée par le trublion gauchiste de Tizi Ouzou, Belaïd Abrika. La grogne populaire monte, saccageant bâtiments publics et autres symboles du régime. Les représailles de la police et de l’armée sont sanglantes : tirs dans foule, matraquage des manifestants, incendie de maisons, arrestations massives et interrogatoires musclés des présumés meneurs de la fronde… jusqu’au fin fond des villages kabyles. Le 25 juin, la Kabylie s’enflamme à nouveau en souvenir du 3e anniversaire du meurtre de l’artiste, chanteur et poète engagé, Lounès Matoub. La situation ne se calmera qu’en avril de l’année suivante. Bilan de cette année de sang : 126 tués, plus de 5000 blessés, des millions de dinars de dégâts, des dizaines de disparus et de condamnés à de lourdes peines. Parmi lesquels Belaïd Abrika, arrêté le 13 octobre 2002. Relâché en juin 2003, c’est lui qui mènera les principaux pourparlers avec Ahmed Ouyahia le 25 janvier 2005. Quatre années plus tard, Belaïd Abrika poursuit le régime algérien devant la justice internationale pour crime d’Etat, et continue de réclamer le respect par le gouvernement des deux tiers des engagements pris en 2005. A l’exception des maigres réparations financières versées aux victimes des émeutes de 2001-2002 (un peu plus de 23.000 euros pour les familles des tués et de 50 à 150 euros environ par mois pour les blessés) et la reconnaissance du tamazight comme langue nationale dans la Constitution, les autres réclamations afférentes à la plate-forme d’El Kseur demeurent en effet insatisfaites à ce jour. Crainte de dévoiler au grand jour les véritables commanditaires de ces tragiques représailles et partant, les liens entre l’armée et un gouvernement perçu comme la simple marionnette de la Grande Muette ? Peur, en reconnaissant le tamazight comme langue officielle et non seulement nationale, de mettre en danger «l’unité de la nation arabo-musulmane d’Algérie», «si difficilement mise en place» au lendemain de la colonisation française ? Quoi qu’il en soit, huit ans après les sanglantes émeutes de 2001, la Kabylie repose toujours sur une poudrière d’acre ressentiment et d’insécurité : insuffisance d’infrastructures sociales de base, néant culturel, mise au ban économique, terrorisme islamiste, kidnappings de businessmen et d’enfants de notables, trafic de stupéfiants et autre grand banditisme. Pis, du côté des autorités, la répression de l’activisme amazigh a revêtu des allures plus sournoises : interdiction de manifester, procès expéditifs contre les journalistes jugés « pro-kabyles», ou encore réduction des libertés individuelles sous prétexte de guerre contre l’hydre intégriste. Un ras-le-bol qui pousse une fange des quelque 6 millions de kabylophones que compte la planète, à réclamer de plus en plus virulemment l’autonomie, voire l’indépendance, de leur région natale. Une diaspora aussi auprès de laquelle les figures de proue du militantisme berbère, de Belaïd Abrika à Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK, dit «Timanit I Tmurt N Yeqvayliyen), trouvent un écho précieux à l’internationalisation de la cause kabyle. Et leurs efforts portent leurs fruits, les médias du monde entier braquant de plus en plus leurs caméras scrutatrices vers «ces humbles des montagnes oubliés de Bouteflika, de ses généraux et de leurs pétrodollars». Jusqu’à quand Alger persistera-t-elle dans sa politique de l’autruche ?

Algérie La marche des Amazighs


Algérie La marche des Amazighs

Malgré la répression, les intimidations et le terrorisme importé dans la région, 10.000 marcheurs sont allés jusqu’au bout de leur marche, assure le président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, Ferhat Mehenni. Le MAK entendait ainsi célébrer le nouvel an berbère et par la même occasion manifester sa détermination à poursuivre le combat. «La marche s’est bien déroulée mais nous restons sans nouvelles de 10 militants», indique le président. Le Mouvement va bien sûr demander des comptes et si les militants ne sont pas de retour, «il y aura plus de manifestations jusqu’à leur retour», promet-il. Ferhat Mehenni, célèbre chanteur et universitaire reconnu, était parmi les créateurs du parti le RCD, parti qu’il a quitté en 1995 lorsqu’il a senti que celui-ci était devenu «collaborationniste», explique-t-il. Il fallait donc inventer un autre cadre de militantisme et canaliser les revendications sociales kabyles. D’où le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie. Une lutte va commencer, ponctuée par des accès de répression qui ont laissé plus de 128 morts en 1995. C’est que le Mouvement est devenu une véritable force. Il a pu mobiliser plus de 120.000 personnes en avril 1980. L’anniversaire sera encore chaud. «Pour avril prochain, nous comptons faire descendre 200.000 personnes dans les rues», assure Ferhat Mhenni. Pour le pouvoir algérien ce sera un challenge. Il aura tout fait pour que la question kabyle ne dépasse pas les frontières d’une Kabylie marginalisée et confinée dans une séparation administrative factice. «La Kabylie n’existe pas pour le pouvoir, explique F. Mehenni. Elle est partagée entre plusieurs wilayas». Le pouvoir algérien, depuis Houari Boumediène, n’a jamais reconnu la culture kabyle. Ce qui a donné lieu au Printemps de Kabylie sévèrement réprimé. Plusieurs années plus tard, les Kabyles constatent qu’ils n’ont rien obtenu et que le pouvoir ne réalise rien des maigres engagements qu’il avait promis. «Nous tenons à notre autonomie», maintient le président de MAK qui ne conçoit pas l’autonomie en dehors du cadre d’une Algérie qu’il aime. Néanmoins, si le pouvoir continue à refuser toute discussion, il est fort probable que «le Mouvement se transforme en une autre revendication», avertit F. Mehenni qui n’exclut pas que cette revendication soit tout simplement une indépendance en bonne et due forme. Déterminé comme le sont tous les membres du Mouvement, F. Mehenni qui a été emprisonné 12 fois à cause de son militantisme risque encore gros. Il ne peut pas rentrer en Algérie et ses avocats essaient de savoir s’il fait vraiment l’objet d’un mandat d’amener, comme cela a été dit dans les médias algériens. Le 18 décembre dernier, il a été refoulé de Tunisie. Il n’a pas pu dépasser le contrôle de police et a été remis immédiatement dans un autre avion. F. Mehenni voulait juste rendre visite à sa mère (84 ans) qu’il n’avait pas vue depuis longtemps. Aussitôt, il y a vu un autre coup du pouvoir d’Alger. Si l’homme fait peur au pouvoir, c’est qu’il y a de quoi. C’est lui qui avait organisé le boycott scolaire en 1995 (les 128 morts). Il est aussi très populaire et les organisations internationales le connaissent bien et connaissent son combat.

La marche
Pour El Arbi Tayeb, le président du Conseil national du MAK, la marche à laquelle le mouvement a appelé s’est bien déroulée et a bien montré le degré d’organisation du MAK. Il y a eu, précise-t-il, plus de marcheurs à Vgayet qu’à Tizi Ouzou, mais c’était selon lui dû au fait que le mouvement avait organisé des conférences à Vgayet ce qui lui a permis de mobiliser plus. Pour préciser, le professeur universitaire, souligne que ce sont les étudiants qui ont pris en charge l’organisation de la manifestation qui a attiré des marcheurs de Boumerdès qui se situe à l’entrée d’Alger. Quel résultat donc ? El Arbi Tayeb estime que déjà, le mouvement a réussi à dépasser la peur. Puisque toute manifestation non officielle est interdite par le pouvoir central, les marcheurs ont pu, par leur acte pacifique, rétablir un droit, celui de manifester. Toutefois, insiste le président du Conseil national, il s’agit d’une «marche démocratique» dans la mesure où chaque citoyen était libre de la suivre ou pas. L’autre bénéfice de cette action est que le MAK est sorti de son isolement. Il est aujourd’hui un mouvement structuré avec des instances élues et une répartition des tâches entre les différents secrétariats. L’idée a germé en 2007 dans l’esprit du célèbre chanteur Ferhat Mehenni qui en est le président. L’autonomie pour les militants du MAK est une solution étant donné que «l’Algérie ne peut être gérée comme cela se fait actuellement», explique E. Tayeb qui distingue entre la régionalisation et l’autonomie. Pour lui, c’est cette dernière qui constitue la véritable solution tandis que dans la régionalisation, le pouvoir central maintient son emprise sur toutes les régions. A ce titre, l’exemple marocain constitue une référence utile. «En ayant le courage de créer la commission sur l’autonomie, le roi du Maroc a donné un exemple non seulement aux pays de la région mais c’est un exemple à suivre à l’échelle planétaire», estime le président du Conseil national du MAK. Il est dans ce cas en parfaite cohérence avec un article écrit par le président Ferhat Mehenni et dans lequel il fait une comparaison entre le Maroc et l’Algérie en ce qui concerne le traitement de la question de l’autonomie. «Dans son discours prononcé à Marrakech, à l’occasion du 10e anniversaire de son arrivée au Trône, Mohammed VI a réaffirmé sa volonté de faire bénéficier toutes les régions du pays de ce nouveau mode de gouvernance qui est l’autonomie élargie dont le Sahara va être le premier bénéficiaire», souligne le président du MAK. La comparaison avec l’Algérie suit aussitôt puisque l’auteur précise que «la Commission Sbih, chargée de proposer un schéma de régionalisation, a rendu ses conclusions depuis cinq ans. Bouteflika l’a jeté dans le tiroir des enterrements où gisent déjà le rapport Issad sur la refonte de la justice et celui de la Commission du même nom sur le «printemps noir» de 2001». Ferhat Mhenni trouve que ce contraste saisissant entre une monarchie populaire qui se démocratise et une «démocratie populaire» qui se fossilise «montre à lui seul qui est la famille qui avance et celle qui recule». Ayant fait ce constat sans appel, l’auteur en arrive à déceler «deux attitudes opposées : celle de dirigeant ayant l’amour de leur pays et ceux qui ont la haine de leurs peuples». C’est donc pour pousser les gouvernants «que nous subissons chez nous à aller dans le sens du progrès et de l’Histoire», que les Conseils Universitaires du MAK de Vgayet et de Tizi-Ouzou ont appelé à des marches dans ces deux capitales kabyles pour mardi 12 janvier 2010 à 10h. «Notre Mouvement fera de ce Yennayer un rendez-vous avec notre destin de liberté», promet Ferhat Mehenni.

«10 millions de Kabyles n’ont aucun statut et la Kabylie n’a aucun titre officiel».

«10 millions de Kabyles n’ont aucun statut et la Kabylie n’a aucun titre officiel».

l’Observateur du Maroc. Votre mouvement, le MAK, a appelé à une marche le 12 janvier. Comment s’est-elle déroulée et quel en est le bilan ? Ferhat Mehenni. Eh bien, malgré la répression, l’intimidation, l’insécurité et le terrorisme importé dans la région kabyle, 10.000 marcheurs ont répondu à l’appel, à Béjaïa et Tizi Ouzou. Nous considérons que c’est une réussite. Toutefois, nous demeurons sans nouvelle d’une dizaine de nos militants. Personne ne sait où ils sont à l’heure qu’il est. Nous restons sur que le qui-vive tant qu’ils ne sont pas rentrés chez eux.

Quelles sont les perspectives de vos revendications ?
La question kabyle empoisonne le climat social depuis l’indépendance. Il s’agit tout de même du tiers de la population. 10 millions de Kabyles n’ont aucun statut et la Kabylie n’a aucun titre officiel. En outre, il n’existe pas à proprement parler de région kabyle. Le pouvoir l’a dispatchée sur quatre wilayas à des fins de séparation.

Vous revendiquez une autonomie dont le pouvoir ne veut pas entendre parler. Que ferez-vous si ce refus persiste ?
Nous revendiquons une autonomie pour laquelle nous avons tout préparé. Nous avons adressé une demande officielle aux autorités algériennes et aux instances internationales dans laquelle nous avons mis en relief les caractéristiques de cette autonomie. Bien sûr il existe certains domaines de souveraineté que nous respectons. Cela dit, si le pouvoir continue à ignorer nos revendications, peut-être que celles-ci se transformeront en autre chose.

Irez-vous jusqu’à des confrontations physiques ?
D’abord, nous ne sommes pas pour la manière forte. Par contre, si l’Etat nous refuse l’autonomie, il pourrait y avoir d’autres formes de lutte. Nous ne voulons pas en arriver là surtout que près de nous, le Maroc avance sur ce sujet. Alors qu’il offre l’autonomie, nous sommes ici contraints de la réclamer, laissant au passage des martyrs. Le roi du Maroc a créé une commission consacrée à la régionalisation ce qui pourrait être considéré comme un exemple valable non seulement pour la région mais pour le monde entier.

Vous-mêmes vous avez souffert de l’attitude de l’Etat algérien. Est-ce cela qui explique votre persévérance. Il est vrai qu’on a assassiné mon fils, ce qui est pour moi une catastrophe personnelle. C’est vrai aussi que j’ai été emprisonné une douzaine de fois. Tout cela je le mets sur le compte du militantisme. Mais la question de l’autonomie dépasse mon état d’âme. Il s’agit de la revendication de plus de 10 millions de Kabyles.

Quels sont vos projets pour l’immédiat ?
Nous avons déjà fait manifester pas moins de 120.000 personnes et nous comptons en mobiliser 200.000 la prochaine fois. Ce sera le 20 avril prochain pour célébrer le printemps kabyle. Il faut savoir que ce n’est jamais facile. L’Etat mobilise 150.000 soldats dans la région.

Algérie : La Kabylie demande le divorce


Algérie : La Kabylie demande le divorce

Une nouvelle fois le mouvement berbériste algérien se met en branle et organise de grandes manifestations partout en Algérie. Il faut savoir que la Kabylie est en rupture de ban depuis 1993. Cette région ne pose pas la question berbère en termes culturels, mais bien en termes politiques, séditieux pour les plus radicaux.

Plusieurs éléments sont à l’origine de ce malaise relevant de l’histoire. L’identité algérienne s’est construire dans la lutte contre l’occupant français, elle est plutôt jeune et fragile. Or à l’indépendance, les maîtres du Front de libération nationale (FLN) ont décrété l’arabisation à tout crin, pour contrer la langue de l’occupant largement répandue, mais sans faire place à la langue berbère, celle de la population d’origine.

Le panarabisme du régime s’est doublé d’une autre injustice historique. Les Kabyles ont payé, avec les Algérois, le prix fort de la guerre contre la France. Les fellaghas s’étaient tous repliés dans les montagnes Kabyles.

Economiquement c’est une région dévastée. Elle ne survit que grâce à la manne offerte par l’émigration.

Les mauvaises réponses Au printemps 93 et cycliquement depuis, le mouvement berbère s’agite. Il y a quelques années les Kabyles ont repris d’anciennes formes d’organisations sociales, faites d’assemblées tribales qu’ils ont substituées à l’organisation administrative de l’Etat algérien. Aux élections, seuls les fonctionnaires, par peur de répression, votent. Le niveau de la participation atteint rarement les 5%. Le régime algérien n’a eu pour réponse que la répression souvent violente et les tentatives de division. Il a tenté de jouer les partis nationaux bien implantés en Kabylie contre ce mouvement beaucoup plus enraciné. Ce que le Maroc a fait, l’IRCAM, la reconnaissance de la langue etc., aurait pu constituer un début de réponse. Les militants du MAK le répètent sans cesse. L’Etat algérien est dans le déni. La particularité en Algérie c’est que la Kabylie est une région berbère unifiée qui concentre la population berbérophone. Homogène, elle peut prétendre à la partition, ce que les dirigeants les plus radicaux font. Déjà en butte à une guerre civile larvée, l’Algérie voit ressurgir le spectre de la sédition Kabyle. Le régime tenu de main de fer par les militaires paraît incapable de trouver une issue. Et s’il tentait la démocratie ?

Le Sahara marocain, premier bénéficiaire de la régionalisation avancée


Le Sahara marocain, premier bénéficiaire de la régionalisation avancée

La Commission consultative de la régionalisation (CCR), dont les membres ont été installés par SM le Roi Mohammed VI, a pour mission principale d'élaborer une conception d'un modèle national singulier de régionalisation avancée, d'essence démocratique et vouée à la bonne gouvernance territoriale et au développement.
La CCR, dont la présidence a été confiée à Omar Azziman, ambassadeur du Royaume en Espagne, devrait soumettre son projet de la conception générale du modèle de la régionalisation avancée à la Haute appréciation de SM le Roi à la fin juin 2010.
Tournant majeur dans les modes de gouvernance territoriale, la régionalisation avancée se veut une option résolue pour la rénovation et la modernisation des structures de l'Etat et la consolidation du développement intégré.
Elle constitue également le prélude à une nouvelle dynamique de réforme institutionnelle profonde, une confirmation démocratique de la singularité du Royaume et un chantier déterminant à l'aune duquel sera apprécié le succès des grandes réformes structurantes engagées au Maroc.
Ce modèle national de la régionalisation avancée devrait être issu des spécificités marocaines, englobant toutes les régions du Royaume, dont au premier chef les provinces du Sud et reposer sur des atouts essentiels comme la monarchie, garante de l'unité de la nation, proche des préoccupations des populations et incarnant la symbiose qui la lie aux différentes composantes du peuple, et l'ancrage historique de la décentralisation au Maroc (Système de la J'maâ), combiné à de grands progrès et acquis en matière de démocratie locale.
Ces atouts rendent le Maroc, qui dispose d'une identité riche par la diversité de ses affluents culturel et spatial, dont le ciment demeure la Monarchie, à même d'envisager la régionalisation avancée et de proposer l'autonomie pour le Sahara marocain, confirmant par là sa pleine aptitude à entreprendre tout type de gouvernance territoriale, dans le cadre de son unité nationale et territoriale.
Partant de ces atouts, le Maroc compte développer des régions à part entière viables et stables dans le temps, fondées sur un découpage régional selon des critères rationnels et réalistes, et se doter de conseils démocratiques représentatifs disposant des prérogatives et des ressources nécessaires pour relever le défi du développement régional intégré.
Le Maroc veut également faire du Sahara marocain la première région du Royaume bénéficiaire de la régionalisation avancée.
Il s'agit pour le Royaume, mu par sa volonté nationale souveraine, de réaffirmer aussi bien son attachement au processus onusien visant à trouver une solution politique réaliste et mutuellement acceptable au conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara, sur la base de son initiative sérieuse et crédible d'autonomie, que sa détermination à faire face aux manœuvres des adversaires de son intégrité territoriale qui cherchent à le cantonner dans l'immobilisme.
La CCR dispose d'une composition homogène, ramassée et équilibrée avec une présence féminine appropriée (trois femmes).
Outre un président, une éminente personnalité connue pour sa compétence, sa grande expérience, son impartialité et son sens élevé du devoir, la Commission compte des membres de différents profils et sensibilités, choisis dans le respect des principes de la complémentarité, de la pluridisciplinarité, du pragmatisme et de la maîtrise des divers aspects de la régionalisation et de la gouvernance territoriale.
Il s'agit notamment de deux walis (administration territoriale), cinq juristes et un politologue (volet politico-institutionnel), une personnalité nationale ayant une grande expertise dans le domaine financier et économique, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, un économiste, trois acteurs du développement régional, financier, fiscaliste et manager des politiques publiques aux plans national et régional (aspect socio-économique), un sociologue, un historien, un géographe et un spécialiste de l'aménagement du territoire, ainsi que d'autres membres actifs dans les domaines de la gouvernance territoriale, citoyenneté et de la culture.

Ali Atmane ; 26 ans de séquestration à Tindouf


Ali Atmane ; 26 ans de séquestration à Tindouf

ilote de l’armée de l’air marocaine, Ali Atmane fut séquestré pendant 26 ans

«Prisonnier de guerre des bagnes de l’Algérie et du Polisario»

Ali Atmane, ancien prisonnier des camps de concentration de Tindouf pendant un quart de siècle, lance dans son livre «Prisonnier de guerre des bagnes de l’Algérie et du Polisario» un appel aux instances internationales «pour que l’Algérie, qui a toujours affirmé qu’il n’existait ni conflit ni contentieux entre son pays et le Royaume du Maroc, rende des comptes au monde entier pour violations répétées à notre endroit, pendant des décennies, de toutes les Conventions de Genève dont elle est signataire et qu’elle soit astreinte à réparation tant au profit des ex-prisonniers encore vivants que pour les familles de ceux morts en martyrs dans leurs geôles et dont la dignité a longtemps été bafouée».
Cet appel survient au terme de plus de 300 pages de réquisitoire sur le calvaire inhumain subi durant des décennies par des milliers de prisonniers marocains et mauritaniens, dont un certain nombre mourront atrocement sous la torture, les privations, le manque de soins. Les descriptions poignantes des horreurs insoutenables laissent deviner une indescriptible machine de haine à broyer l’humain suite à une insupportable frustration de victoire rêvée en vue de l’institution d’un leadership régional.
Rien ne semblait prédestiner Ali Atmane, auteur de «Prisonnier de guerre dans les bagnes de l’Algérie et le Polisario», à la vie qu’il eut à subir et assumer comme prisonnier des bagnes du “Polisario” pendant 26 ans, de 1977 à 2003. Né en 1947 dans la localité Ighrem n’Berem au pied du Jbel Ayyachi, au Haut Atlas oriental, dans la région de Midelt, originaire de la tribu des Ait Hdiddou, il aurait pu continuer à vivre une vie de campagnard paisible. Mais il a fait des études et a choisi le métier des armes en s’engageant dans les Forces Armées Royales comme pilote de chasse. Il atteint le grade de capitaine au moment où le Maroc récupère ses provinces sahariennes. Quand le conflit est déclenché avec les incursions des séparatistes du “Polisario” soutenus, armés et épaulés par l’armée régulière algérienne, il demande, par plusieurs correspondances, à être engagé dans les combats. Au cours d’une intervention le 24 août 1977, pour repousser les assaillants qui attaquaient un convoi de ravitaillement de population allant de Laâyoune à Boujdour, son avion F5 est abattu par un missile Sam7. Tombant en parachute, il n’a pas pu être récupéré par les siens. «J’étais perdu!».
Il est alors fait prisonnier. Depuis cette date, les mauvais traitements et les humiliations vont se déclencher pour ne plus finir. Il sera l’hôte de plusieurs prisons dont les prisons d’Alger et de Blida où les hauts gradés de l’armée algérienne soumettent les prisonniers à des interrogatoires musclés pour leur soutirer des renseignements. Il sera torturé, comme bien d’autres, pour parler, sous la contrainte à la radio et servir la propagande de l’ennemi. On lui fait multiplier les rencontres avec la presse internationale et on exposa les prisonniers marocains et mauritaniens ainsi que du matériel de guerre récupéré au cours des combats pour crier victoire. Il arrivera à Atmane de remarquer la présence dans les prisons de personnes n’ayant aucun rapport avec la guerre, des bergers, des personnes suspectées de contrebande et même des Algériens refusant de faire la guerre contre le Maroc. C’était de véritables camps de concentration, des goulags dont l’auteur dit n’avoir évoqué que le minimum.
Au fil des pages, l’auteur révèle un univers de haine collective du Marocain parmi la hiérarchie militaire algérienne, à la limite du psychopathologique: «Manifester de la haine envers les Marocains est un comportement qui permet à tout Algérien de conserver son emploi et d’avancer dans la hiérarchie».
Le lecteur est guidé à travers le livre dans les camps de prisonniers. Ce faisant, il a droit au récit d’un calvaire lancinant qui a duré un quart de siècle où les descriptions se suivent à la pelle sur les violations des droits des prisonniers, assassinés à force de tortures, de maltraitances et de privations.
Au cours du récit, l’auteur revient souvent sur la supériorité des adversaires en matière d’armement soviétique moderne, depuis le déclenchement du conflit et jusqu’aux débuts des années 80. C’est souvent grâce à l’arrivée de nouveaux prisonniers, témoins de nouvelles batailles des sables, que Atmane parvenait, grâce à des recoupements multiples, à se faire une idée sur les types d’armement employés par les séparatistes dûment équipés en armes automatiques, missiles, véhicules ultramodernes à grande mobilité sur le sable et surtout en grand nombre. Ce qui lui faisait conclure que les Américains de la fin des années 70 -du temps de la présidence de Jimmy Carter (ndlr)- refusaient de donner des armes modernes au Maroc pour combattre un ennemi qui avait l’avantage d’attaquer à l’improviste les localités les moins défendues, d’agir sur un terrain qu’il connaîssait mieux et de pouvoir faire tomber les avions à des distances très élevés grâce à un matériel militaire de pointe. C’est seulement grâce à la construction du mur de sécurité que la partie est gagnée par le Maroc.
Les prisonniers Mauritaniens, en vertu de l’accord conclu entre leur pays et le “Polisario”, n’avaient aucune raison de rester emprisonnés durant tant d’années et pourtant ils l’ont été comme le constate Ali Atmane qui se fait un devoir d’évoquer leur cas comme des oubliés au destin tragique mais dont l’endurance et la loyauté allaient susciter son admiration.
Le livre se conclut par ces dernières paroles que nous citons in extenso:
«Aujourd’hui, vers où vont mes derniers espoirs? Que personne ne s’y trompe. Il est un combat auquel tout homme qui se respecte ne saurait renoncer jusqu’à son dernier souffle: celui de l’honneur et de la dignité! Vains mots pour certains, seuls mots donnant un sens à notre existence pour d’autres. Alors laissez-moi demander deux choses simples à mon pays:
1/ La réhabilitation de l’honneur de ceux vivants ou morts pour la Patrie, qui n’ont à aucun moment démérité, en leur octroyant tous les droits auxquels leur comportement héroïque devant l’ennemi, sur le champ de bataille comme en prison, leur permettait de prétendre.
2/ L’accompagnement ferme de notre action devant les instances internationales habilitées, pour que l’Algérie, qui a toujours affirmé qu’il n’existait ni conflit ni contentieux entre son pays et le Royaume du Maroc, rende des comptes au monde entier pour violations répétées à notre endroit, pendant des décennies, de toutes les conventions de Genève dont elle est signataire et qu’elle soit astreinte à réparation tant au profit des ex-prisonniers encore vivants que pour les familles de ceux morts en martyrs dans leurs geôles et dont la dignité a longtemps été bafouée. Est-ce trop demander?»

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«Prisonnier de guerre dans les bagnes de l’Algérie et du Polisario» de Ali Atmane, 350 page, distribution Sochpress.

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Extrait

Mohamed Salem Yahdith a été tué

«J’ai demandé des nouvelles de mon ami et camarade d’infortune, le guide Mohamed Salem Yahdith, qui avait fait avec moi le voyage du lieu de notre capture jusqu’à Tindouf. Tous les anciens prisonniers m’ont hélas affirmé qu’il était mort. Mais lorsque j’ai demandé où, quand et de quoi, chacun y est allé de sa version. Tel prisonnier m’a raconté qu’il avait travaillé avec Mohamed Salem Yahdith à Djebilete et qu’un jour, le puissant responsable nommé Omar Ould Ali Bouya l’avait enterré vivant. Tel autre a affirmé que le vieux guide capturé le 24 août 1977 à Boujdour, était mort devant lui suite à une bastonnade qu’un gardien lui avait administrée un matin au poste Saïd. Un autre m’a rapporté que mon ami était mort dans un autre poste où les prisonniers travaillaient sous le fouet pour les faire courir, mais que Mohamed Salem était tellement épuisé qu’il n’arrivait pas à suivre le rythme des autres beaucoup plus jeunes que lui, suite à quoi les gardiens l’auraient battu à mort. Le prisonnier infirmier, nommé Allal, originaire de Taza, m’a dit pour sa part que Mohamed était mort d’épuisement dans son infirmerie. Toujours d’après Allal, le guide aurait perdu la raison pendant son séjour à l’infirmerie avant de mourir. Bien d’autres versions m’ont été données, mais la réalité était difficile à dégager. Ce qui est sûr, c’est que tous les cas de décès que les prisonniers m’ont décrits ont bien existé. Beaucoup de prisonniers marocains et mauritaniens ont été tués dans différents camps de la région de Tindouf, mais dans lequel se trouvait Mohamed Salem Yahdih lors de son décès? Je ne saurais le dire avec certitude. Dans cette prison, la fatigue, l’épuisement et la peur (la vraie peur qui est le résultat d’un état de terreur quasi permanent) saisissent tous les prisonniers lors de chaque distribution générale de coups de câble. Et lorsqu’on a peur pour soi, on ne peut pas être attentif à celui que l’ennemi tue de coups juste à côté de vous. L’effroyable douleur du câble et la panique nous empêchait d’arrêter notre regard sur un agonisant. La peur du câble rend aveugle et nous pousse à courir plus vite qu’il n’est possible à un homme épuisé, sale, mal nourri, en manque de sommeil et soumis au travail forcé du lever du jour jusqu’au crépuscule. Nos tortionnaires nous faisaient courir chargés de lourdes briques en terre sur les épaules ou tenant d’une main le bout d’une «charia» chargée de boue. Tout le monde courait, mais personne n’échappaient aux coups de câble que le gardien distribuait à l’aveuglette. Malheur au prisonnier qui tombait de fatigue ou d’un malaise quelconque. Les gardiens s’acharnaient alors sur lui avec la seule volonté de le remettre debout à coups de câble. Il est difficile d’imaginer l’enfer qu’ont vécu les prisonniers marocains et mauritaniens dans les geôles du Polisario sur le territoire algérien et avec la complicité des autorités militaires de ce pays».